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jeudi, 13 mars 2008

It's been a hard day's night, and I've been working like a dog...

Ce que j’aime beaucoup avec les gens quand je raconte ce que j’ai fait avant la fac et tout ça, c’est qu’ils me regardent avec des yeux étonnamment interrogateurs et qu’ils posent toujours la question fatale Mais t’as quel âge alors ? et là, j’ai comme une drôle d’impression de me prendre vingt ans sur la tête. Ca fait toujours plaisir. A une époque, j’avais honte de mon parcours un peu épineux et sinueux. Mais, maintenant bizarrement, je ne m’en cache plus. C’est marrant que ça paraisse à ce point étrange qu’on n’arrive pas forcément à trouver ce qu’on veut faire et ce qu’on veut être du premier coup. Comme si on n'avait le droit qu’à un seul essai. Comme si on n’avait pas le droit de se tromper. Je me suis trompée dans ma vie. De nombreuses fois. Mais, c’est ce qui rend plus forts. Bon, après je ne dis pas que si j’avais trouvé du premier coup ce que je veux faire, j’en serais sortie moins forte mais je pense que moi j’ai eu besoin de cette phase de questions, de doutes, de claques pour me construire.

 

En même temps, il faut bien que j’avoue que je ne sais pas précisément ce que je veux faire plus tard, dans la vraie vie là, celle qui arrive tout juste en face de moi à vive allure. Ca fait peur. Parfois plus aux autres qui m’entourent qu’à moi. Je ne sais pas ce que je veux faire mais je sais ce que je ne veux pas faire. J’ai eu peu d’expériences dans le vrai monde du travail mais ça m’a très franchement vacciné contre les journées de travail desquelles on ressort sans avoir l’impression d’avoir fait quelque chose qui nous plaise vraiment. Je sais pertinemment que je serais incapable d’avoir un travail purement alimentaire. Ce qui complique la chose. Parce qu’en ce moment, il faut à tout prix trouver un travail, qu’importe qu’on s’y épanouisse après tout. Tant qu’on fait parti de la France qui se lève tôt, tout va bien. Tant qu’on accepte de travailler plus pour gagner plus, tout va bien. Je me souviens de ce travail que j’ai exercé peu de temps pour gagner un peu d’argent. Un véritable désastre. Démotivant au possible. Il m’aurait été impossible de tenir un jour de plus. Et, ma responsable de l’époque était une femme vraiment ignoble qui balançait des réflexions à tout va. Un genre de Miranda Priestly en pire. J’ai une trouille incroyable de replonger dans le grand bain de la vie active. Parce que je me dis que je ne suis pas faite pour ça.

 
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Alors, je cherche, je cherche une chose dans laquelle je pourrai m’épanouir. Parfois, ça m’angoisse et je me dis que je me suis littéralement plantée d’orientation. Même si j’aime l’anglais, la langue, sa culture, je ne me vois pas l’enseigner, la décortiquer. Et parfois, j’ai toutes ces idées en tête qui germent. Des tas de projets qui se dessinent. Des réalisables. Des totalement farfelus. Des dont je parle. Des que je garde pour moi. Des qui donnent envie. Des qui se passeraient à l’autre bout du monde. Une librairie avec des tas de livres en anglais avec des couvertures qui donnent envie d’acheter tout le rayon. Des organisations de concerts. De l’humanitaire avec des gens avec qui partager. Du français à l’étranger. De l’anglais en France.  

Et je me souviens de cette prof incroyable que j’avais l’année dernière et qui racontait ses voyages, ses expériences. Qui se permettait de critiquer tous ces gens à l’esprit étriqué qui se contentent de se poser, de se marier, d’avoir des enfants et un chien aussi dans la cour. Je n’ai rien contre ça hein, c’est juste que ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas moi ça. Et même si les gens autour continueront toujours à trouver à redire, je m’en fiche, je veux moi aussi partager les choses avec l’air passionné qu’avait cette prof l’année dernière. Et, être un peu comme elle. Pas qu’elle soit quelqu’un d’extraordinaire... Enfin si, elle l’était, à sa façon. Et moi aussi j’aimerai l’être, à ma façon. Ca me plairait bien…

Commentaires

ça me plairait bien à moi aussi d'être moi!

Ecrit par : Camille | jeudi, 13 mars 2008

Je connais bien ça ...
Et je me suis retenue de ne pas retourner une paire de claque à un "ami" qui m'a dit "non mais toi c'est pas pareil, tu n'as jamais vraiment su quel chemin prendre" ... bref.
Bises !

Ecrit par : Mam'zelle Poupée | jeudi, 13 mars 2008

Bienvenue au club.

Ecrit par : Titania | vendredi, 14 mars 2008

Déjà tu as des projets, des rêves, des envies.
Je suis dans le même cas...je travaille et j'ai fait des études qui me plaisaient mais j'ai d'autres envies...
Parfois je me demande si j'ai bien choisi ma voie...
Je serais tentée de dire oui, mais pas que.
Parceque dans l'idéal j'exercerais un ou deux métiers de plus. J'ai trop besoin de diversité et trop d'envies :)
Grosses bises.

Ecrit par : lili | vendredi, 14 mars 2008

Tu ne peux pas imaginer à quel point je me reconnais dans cette note...
Reprendre la fac a été pour moi une véritable épreuve. Entre la sensation d'être un peu en dehors des autres et celle du "est-ce que cette fois c'est vraiment la bonne?", ce n'est pas facile.
Je comprend ce que tu veux dire. Mais je trouve cela normal de ne pas être certain de ce que l'on veut faire... Il faudrait être incroyablement sûr de soi et se connaître sur le bout des doigts pour être capable de le savoir dès l'adolescence.
Et ces rêves de librairie, de voyage... ça me remplit l'esprits de petits étoiles. Les rêves font avancer, ne les lâche pas.

Ecrit par : pativore | samedi, 15 mars 2008

Mam'zelle Poupée : Effectivemment, pour ton "ami", la paire de claque aurait été bien méritée! (mais, c'est exactement le genre de phrase qu'on pourrait me sortir aussi) Bises.

Titania : Au moins, je me sens moins seule! (Je viens tout juste de lire ta dernière note et je m'y reconnais presque mot pour mot, je réponds très vite à ton mail) Bisous.

Lili : Ah oui, moi aussi, dans l'idéal, je me vois exercer plusieurs métiers parce que bosser 40 ans dans la même branche, je ne pourrais pas. Mais, j'ai l'impression que ça les gens ont du mal à le comprendre... Bises.

Pativore : Déjà, bienvenue ici! Toi aussi, tu as repris la fac alors? Et, moi aussi je trouve ça normal de se chercher, de prendre une route puis une autre parce que c'est tellement difficile tout ça mais, malgré tout, je lis parfois une incompréhension dans le regard des autres... Et, je ne les lacherai pas mes rêves et mes projets! Bises.

Ecrit par : Amy | dimanche, 16 mars 2008

Ca m'intrigue, cette histoire de parcours pre-fac... (j'ai piqué la note au hasard, comme quoi...)
Si un jour tu veux la fonder, cette librairie-café-salon de thé-salle de concert, appelle moi, je serai ravie de t'aider...

Ecrit par : Titania | vendredi, 08 août 2008

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